(English) Anne Fontaine est une créatrice, entrepreneuse, femme d’affaires et philanthrope franco-brésilienne. Elle est née le 1er novembre 1971 et a grandi à Rio de Janeiro (Brésil). Anne a dessiné sa première collection en 1993. Son goût pour le naturel s’exprime clairement dans le chemisier blanc, auquel elle a tenté d’amener un nouveau visage et une diversité inattendue dans l’industrie de la mode.

Elle est désormais reconnue comme « la reine du chemisier blanc ». Grâce à elle, ce vêtement est devenu un basique et un classique dans la garde-robe féminine. Ce qui a débuté comme une simple collection de chemisiers blancs a évolué en une marque offrant une collection complète de tops, pantalons, jupes, pulls, manteaux, accessoires, sacs, ainsi qu’un parfum d’intérieur et une ligne exclusive de soins cosmétiques pour la peau.

Anne Fontaine a ouvert son premier magasin sur la Rive Gauche, à Paris en 1994. Depuis, la marque s’est développée et est représentée par 85 boutiques à travers le monde, dont deux magasins principaux à Paris et New-York. En 2011, Anne Fontaine a lancé son activité philanthropique pour l’environnement avec la création de la « Anne Fontaine Foundation ». Anne Fontaine / Anne Fontaine Foundation

The Anne Fontaine Foundation

AWP: Il y a au moins deux différents volets de tissage à travers votre carrière: l’un, votre marque de mode de vêtements et accessoires pour femmes. L’autre, votre engagement pour l’environnement pour maintenir l’équilibre de notre planète et les conditions favorables de la vie. Comment vous est venue votre passion pour la mode et la contribution pour la sauvegarde de la forêt atlantique?

AF: La mode et l’environnement ont toujours été importants pour moi. Je suis devenue créatrice mais je me suis toujours consacrée à protéger notre planète et à être sûre de laisser un environnement sain et durable pour les générations futures. Au début de ma carrière, j’ai participé à la protection des baleines et, dans mon entreprise, à la promotion de matériaux respectueux de l’environnement. En 2011 j’ai décidé de m’engager sur le long terme en mettant en place une Fondation pour la Forêt Tropicale Atlantique Brésilienne.

AWP: Qu’est-ce qui vous passionne tellement par la forêt atlantique brésilienne du Sud de Bahia?

AF: Je suis née et j’ai grandi à Rio de Janeiro, et j’ai passé 20 ans de ma vie au Brésil. J’ai toujours été passionnée par la forêt tropicale. Adolescente, j’ai découvert la forêt et appris à apprécier ses richesses et vertus. J’ai eu l’opportunité de partager le mode de vie d’une tribu indienne d’Amérique du Sud et, depuis cette expérience, je suis restée profondément connectée avec la nature et me suis engagée à protéger l’environnement. Même après avoir déménagé en France, j’ai gardé des liens personnels avec la région Sud de Bahia et la Forêt Tropicale Atlantique. J’ai pris l’habitude de passer quelques semaines dans cette région où la forêt est extraordinaire. Elle m’est source de joie et de paix. Aujourd’hui, je veux redonner à cette forêt et espère restaurer ce qui a été perdu par des siècles de déforestation.

AWP: Chaque année, Forest Day, le 17 Novembre, 50% du produit de toutes les ventes des 80 magasins d’Anne Fontaine dans le monde sont reversés à la Fondation Anne Fontaine. L’objectif de la Fondation est d’encourager le reboisement et de concentrer ses ressources financières spécifiquement sur la protection de la forêt tropicale atlantique du Brésil, également connue sous le nom «Matâ Atlantica». Comment les efforts de reboisement touchent les gens au niveau local? Au niveau mondial?

AF: La Fondation a pour mission de faire prendre conscience des problèmes liés à l’environnement en associant des autochtones avec les projets de reforestation pour compléter leurs revenus et leur fournir une éducation environnementale. Ceci est fait à travers l’engagement de fermiers locaux qui fournissent à nos partenaires des semences, et avec la promotion de formations lié à la conservation de l’environnement et au développement durable. A un niveau plus global, la Fondation participe à la prise de conscience des problèmes environnementaux à travers sa présence dans les médias et réseaux sociaux, ainsi qu’au travers de combats à l’échelle mondiale comme l’évènement Forest Day.

AWP: La Fondation Anne Fontaine participe à la Campagne: «Planter un milliard arbre», du PNUE (programme des Nations unies pour l’environnement) un programme créé en 1972 comme voix  des Nations Unies pour l’environnement. Quels sont les objectifs de ce programme? Quelles sont les forêts ciblées? Qui participe?

AF: La Campagne pour un milliard d’arbres a été lancée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement afin d’encourager la reforestation, à un niveau mondial, par la plantation d’un milliard d’arbres. A ce jour, plus de 12 milliards d’arbres ont été plantés et l’objectif prévu est de 14 milliards. Cet effort est planétaire et toutes les forêts sont ciblées. Les individus et organisations ou entités peuvent participer au programme en s’engageant à planter des arbres.

AWP: Des milliards de sacs en plastique sont utilisés chaque année dans le monde et la plupart d’entre eux ne sont ni réutilisés, ni recyclés. Vous avez créé l’ECOBAG dans l’idée de freiner cette tendance, tout en soutenant des projets de reboisement de la Fondation Anne Fontaine. Parlez-nous du ECOBAG. Comment est-il réalisé?

AF: L’EcoBag a été conçu spécialement pour la Fondation, et les profits de ses ventes sont utilisés pour financer ses projets de reforestation. Il est en partie fait de bouteilles en plastiques recyclées (100% PET) et est lui-même recyclable.

AWP: Chaque «Journée de la forêt», la Fondation collabore avec des artistes dont le travail est inspiré par la nature ou réalisé avec des matériaux recyclés. Cette année, deux artistes français ont collaboré afin de créer un arbre qui décore les fenêtres du magasin d’Anne Fontaine. Qui sont ces artistes?

AF: Les deux artistes français qui ont collaboré avec nous pour Forest Day sont Charles Macaire et Patricia Gueyrard. A l’origine, Charles Macaire a suivi une formation d’ingénieur. Après avoir reçu son diplôme de l’École Supérieure d’Optique, il a travaillé au CNRS sur la fabrication de mécanismes pour l’astronomie spatiale. Suite à une rencontre décisive pour sa carrière avec le Centre de Recherche International de Modélisation par le Pli (CRIMP), Patricia lui a présenté l’art du pli de papier et l’a formé. Charles Macaire a établi sa propre entreprise artisanale, Charlot & Cie, en 2004. Spécialisée dans la fabrication de lampes et autres objets de décorations fait avec du papier froissé, Charlot M& Cie se partage entre la France et la Maroc.

Patricia Gueyrard plie du papier depuis plus de 30 ans. Passionnée de papier et de pliage, elle est un membre dynamique de cette communauté artistique unique. Elle est à la fois membre du Mouvement Français des Plieurs de Papier (MFPP) et membre fondateur du CRIMP. Depuis sa création en 2001, Patricia a participé à de nombreux projets de recherches et activités du CRIMP.

AWP: Lorsque vous avez commencé la Fondation Anne Fontaine quelle était la chose la plus efficace pour vous à apprendre?

AF: La chose la plus utile que j’ai apprise jusqu’à présent est de rester convaincu et dévoué à la cause que l’on s’efforce de défendre et de s’entourer d’une équipe tout aussi motivée. Malgré le fait que nous soyons une petite organisation, nous sommes tous très passionnés par la protection de l’environnement et c’est de cette façon que nous faisons une différence.

Mode 

AWP: Quel a été votre premier contact avec la mode? Comment s’est déroulé votre intérêt pour la mode ?

AF: Depuis mon enfance, j’ai toujours été fascinée par le fait de concevoir mes propres vêtements. Ma grand-mère m’a appris à coudre dès mon plus jeune âge.

AWP: En 1993, vous vous êtes “Intégrée à la mode” et vous avez lancé la toute première collection des chemises blanches d’Anne Fontaine… tout pour les femmes. Vous aviez vingt-deux ans. Qui vous a inspiré cette vie et une carrière dans cette industrie?  Quels facteurs ont influencé cette vision?

AF: C’est par accident que j’en suis arrivée à concevoir ma propre marque de chemisiers blancs. J’ai déménagé en France quand j’avais 18 ans pour étudier la biologie et n’avais jamais imaginé devenir une créatrice. La famille de mon mari possédait une usine de chemises au début des années 1990. La décision de créer notre propre marque avait surtout pour but de préserver les artisans en France. Le concept du « tout en blanc » a démarré le jour où je suis allée dans le grenier de ma belle-mère pour chercher quelque chose. Je suis tombée sur une vielle malle remplie de chemises blanches que la famille de mon mari avait produites pour d’autres marques. J’ai eu un flash et dès ce moment j’ai su que nous devions créer uniquement des chemisiers blancs ! C’était tellement logique pour moi dont l’amour du blanc vient de mon pays d’origine, le Brésil,  où le blanc représente la couleur de la joie.

AWP: Comment la chemise blanche est-elle devenue le thème de votre travail? Qu’y avait-il dans la chemise blanche de particulièrement séduisant pour les femmes de cette époque?

AF: Le chemisier blanc est intemporel et élégant. Alors que les tendances évoluent perpétuellement, le chemisier blanc reste constamment représenté. 

AWP: Votre premier magasin a ouvert en 1994. Pourquoi était-ce le bon moment pour ouvrir votre magasin? Avez-vous ressenti le besoin de partager un temps et un lieu avec les femmes selon le style du jour?

AF: A ce moment-là il n’y avait aucune autre marque ciblée uniquement sur le chemisier blanc et il était donc clair que c’était l’opportunité parfaite pour lancer ma propre collection sur ce vêtement.

AWP: Vous avez une méthode de sculpter vos créations directement sur le mannequin, placer le tissu sans coupe. Pour les autres modèles, il commence par un croquis, une robe, peut-être, réduite à un top. Quel est votre objectif sur cette technique?

AF: Ce procédé montre à mes patronniers les détails et le volume auxquels je veux parvenir et leur permet de traduire le croquis de façon précise sur un patron de papier. Quand je crée directement sur mon corps, je m’assoie devant un miroir. Je demande à mon assistante de prendre une photo pour capturer la forme quand elle est épinglée sur mon corps.

AWP: Vos modes ont eu un impact énorme sur la mode féminine. L’évolution de votre marque est la diversité de ce que vous proposez: tops, des manteaux, tricots, sacs à main, ceintures, bijoux et maintenant homewear. D’après vous, qu’est-ce qui attire autant les femmes vers vos créations?

AF: Au-delà d’une créatrice, je suis aussi une femme d’affaires, une épouse et une mère. Je peux créer un lien avec les femmes car je peux m’identifier avec elles. La mode n’est pas seulement une forme d’expression, c’est aussi quelque chose dans lequel on vit. Je comprends ce qui fait qu’une femme se sente puissante, sexy et à l’aise dans sa vie de tous les jours.

AWP: Mes premières chemises blanches d’Anne Fontaine ont été achetées en 2000, à Paris. Depuis lors, ma garde-robe s’est remplie de chemises blanches, ainsi que de tops, mailles, ceintures et bijoux. Il y a une onde féminine dans votre collection qui expriment un torse allongé, l’extension des bras, un élégant cou de cygne – tous magnifiquement proportionnés, bordant la silhouette d’une femme. Les vêtements sont magnifiques sur une femme debout et encore plus élégant quand elle bouge. Quel est ce charme?

AF: Tout est superbe avec un chemisier blanc magnifiquement ajusté. Il va au style de n’importe quelle femme et lui permet de se l’approprier complètement.

AWP: Que pensez-vous être le plus grand atout d’une femme? Quel est le second?

AF: Le meilleur atout d’une femme est sa confiance en elle. Le second est la façon dont elle incarne cette confiance en elle.

AWP: Comment définissez-vous le style? Comment pouvez-vous exprimer votre propre style? 

AF: Le style c’est être à la mode tout en conservant sa propre identité.

AWP: Quel est le rapport des femmes et la mode?

AF: La mode est le moyen le plus efficace d’exprimer qui vous êtes et elle est une possibilité de traduire votre confiance en vous.

AWP: Nommez le livre, le film, les œuvres d’art, la musique, la mode ou la cuisine qui vous ont inspirée. Dites-nous pourquoi.

AF : Les sept habitudes des gens efficaces, de Stephen Covey a été un excellent outil pour construire mon caractère professionnel et personnel.

Cuisine 

AWP: Parlez-moi de votre cuisine, vos habitudes alimentaires et traditions.

AF: J’amène toujours quelque chose fait maison. C’est toujours biologique et je mange toujours beaucoup de légumes de mon jardin. Je possède aussi une ferme où j’élève des moutons et des poules.

AWP: Quelle a été votre repas le plus mémorable à ce jour?

AF: Mes repas les plus mémorables sont ceux que je prépare avec mes filles. Nous adorons aller chercher les légumes du jardin et cuisiner un délicieux repas en famille.

Remerciements: Nous sommes reconnaissants envers les personnes suivantes pour aider à faire cette interview possible: Anne Fontaine, fondateur de Anne Fontaine et Anne Fontaine Foundation; Christina Ramirez-Madisson, Anne Fontine U.S.A.; Hicham Sbaa, l’anglais comme langue seconde (ALS) instructeur à l’American Language Center à Marrakech, au Maroc, écrivain et traducteur pour A Woman’s Paris; Bénédicte Mahé, étudiant en management culturel dans la philanthropie pour les institutions culturelles, écrivain et traducteur, et conseiller français à A Woman’s Paris; Natalie Ehalt, professeur en chef chez Joyce préscolaire bilingue à Minneapolis, MN, et directeur de la rédaction senior, écrivain et conseiller à A Woman’s Paris.

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Text copyright ©2012 Anne Fontaine. All rights reserved.
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